Un nouvel article sur L’L est paru dans le Numéro 62/63 « Théâtres d’utopie » de la revue Ubu, scènes d’Europe

Extraits…

« Se mettre en quête de quelque chose en prenant le temps nécessaire et sans savoir à l’avance ce que l’on va trouver est un luxe par les temps qui courent. Qui imaginerait, par exemple, qu’il existe quelque part en Europe une structure où l’on accueille des artistes – qu’ils soient danseurs, acteurs, auteurs, metteurs en scène – sans le moindre projet en vue pour une résidence dont la durée au minimum de deux ans peut s’étaler sur quatre ans voire plus si besoin s’en fait sentir ? N’y a-t-il pas quelque chose d’utopique à prétendre ainsi s’extraire du rythme habituel selon lequel une création doit se réaliser en deux ou trois mois pour se concentrer sur une recherche par définition incertaine ? C’est pourtant bien ce qui se passe à L’L, lieu fondé en 1990 à Bruxelles par Michèle Braconnier, qui au fil des années et des programmations n’a cessé d’évoluer et de se remettre en question pour devenir à partir de 2008 un espace entièrement consacré à la recherche. »

« Dans une époque où tout va de plus en plus vite, avoir les moyens de s’arrêter pour prendre le temps de s’interroger sur sa pratique et d’explorer toutes sortes de possibilités est plus que jamais une nécessité vitale. »

« L’erreur consiste en fait à opposer recherche et productivité. Alors que les deux ne sont pas incompatibles. Car la recherche finit toujours par déboucher sur quelque chose. Le tout étant de ne pas mettre la charrue avant les bœufs ; autrement dit, de ne pas se précipiter. »

« Chercher en soi est une forme d’apprentissage.  Il s’agit de se concentrer d’abord sur le processus plutôt que sur une éventuelle réalisation. »

Par Hugues Le Tanneur